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Comment les entreprises peuvent-elles soutenir la santé mentale des femmes au travail ?



De nombreuses études ont montré à quel point la pandémie a eu un impact sur le bien-être des collaborateurs. D’après le Center for Societal Benefit through Healthcare, 28% des employés ont fait état d’un ressenti proche du burn out et 20% ont déclaré un stress lié à la garde d’enfants et à la santé d’un proche. Plus encore, la pandémie a montré mais aussi intensifié les inégalités Hommes/Femmes, exposant les femmes à d’autant plus de risques pour leur santé mentale. En France, pendant le premier confinement, les femmes ont deux fois plus souvent que les pères à avoir renoncé à travailler pour garder les enfants (source : INSEE).


Dans ce cadre compliqué, comment les entreprises peuvent-elles aider les femmes ?


Faire de la santé mentale une priorité dans le milieu professionnel


Nous l’avons déjà vu dans un précédent article, l’un des obstacles à la mise en place de programmes favorisant la santé mentale en entreprise est le fait que ce soit considéré comme un sujet trop personnel pour que les équipes RH s’en occupent. Cependant, si la santé mentale est un cheminement personnel, il faut également prendre en compte les aspects structurels, comme le soutien des collègues, l’empathie des managers. Les femmes sont ainsi 25 % plus susceptibles que les hommes d'indiquer qu'elles ne se sentent pas à l'aise pour partager avec leurs collègues leurs idées sur des questions sensibles ou des problèmes liés à la vie professionnelle.


Il devient ainsi particulièrement crucial que les hautes instances dirigeantes s’engagent ouvertement pour la santé mentale. Cela se fait notamment via des actions directes et significatives. Créer un climat enclin à partager autour des problématiques de santé mentale est essentielle. Former ses managers à prendre en compte la santé mentale, proposer des autoévaluations sur le sujet ainsi que proposer à un psychologue ou un psychiatre de venir un ou deux jours par semaine est un bon moyen de générer une atmosphère plus saine.


Retravailler le lieu de travail pour qu’il soit plus en phase avec le rythme des employés


Le télétravail a complètement remodelé les limites entre vie pro et vie perso. Cette porosité est particulièrement présente pour les femmes. Comme on l’a vu, elles doivent effectuer une majorité du travail domestique, notamment prendre soin des enfants du couple quand il y a. Les égalités hommes/femmes ont même été stoppées par la crise, fragilisant particulièrement la santé mentale des femmes. Les femmes élevant seules des enfants sont de loin les plus touchées.


La première solution est d’instituer un rythme de travail plus sain et durable qui permette aux employés d’établir une limite claire entre travail et vie personnelle. Mais même en assurant une forme de flexibilité au travail, certains collaborateurs peuvent voir ce rythme comme stigmatisant, en particulier dans des univers de travail qui voient le présentéisme et la charge horaire comme boussoles de la qualité et du dévouement au travail. Il est important de promouvoir la flexibilité des horaires ou le droit à la déconnexion, mais aussi la possibilité pour les métiers qui le peuvent de pouvoir faire quelques jours de télétravail.


Autoriser le droit à l’erreur et favoriser la collaboration


Les femmes ont tendance à considérer ne pas avoir le droit à l’erreur. Les femmes ont également plus de mal à communiquer sur leurs difficultés, estimant que cela les fera paraître comme faibles ou pas à la hauteur. Dans cette optique, il convient de favoriser le dialogue et d’éviter la stigmatisation des personnes en détresse.


L’un des moyens préconisés est également de créer une culture de l’entraide et de la sororité. Des réseaux de parrainages et de mentoring peuvent être mis en place au sein des entreprises, avec notamment des groupes d’échanges pour mieux prendre en compte les aspects psychologiques du cumul des responsabilités des femmes actives.


Communiquer autour des dispositifs existants


Même lorsque des ressources en santé mentale sont disponibles, de nombreux employés ne les connaissent pas. L'élaboration d'un ensemble de ressources et d'avantages en matière de santé mentale est la première étape ; les employeurs doivent également prendre des mesures pour s'assurer que les employés savent comment accéder aux avantages disponibles. Et seulement un quart des employeurs ont utilisé les plateformes de leurs cadres supérieurs pour faire passer le message.


Les messages des femmes dirigeantes, en particulier celles qui partagent leurs propres expériences, sont importants pour les employées qui pourraient croire qu'elles seraient considérées comme faibles ou non professionnelles si elles demandaient de l'aide.




Les femmes sont plus sensibles à une détérioration de leur santé mentale : cumul des responsabilités professionnelles et personnelles, jugements négatifs à leur encontre, manque d’implication des entreprises dans l’égalité hommes/femmes… Il existe cependant des moyens de promouvoir et renforcer ses dispositifs internes pour mieux prendre en charge les risques psychosociaux rencontrés par les professionnelles.

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Réévaluer les normes du lieu de travail.


Avec le Covid-19, il est devenu beaucoup plus difficile pour les employés de tracer des lignes claires entre le travail et la maison, et beaucoup d'entre eux ont l'impression d'être "toujours sur le qui-vive". C'est particulièrement vrai pour les mères qui travaillent. Dans une autre enquête récente, un répondant sur deux ayant des enfants à la maison a indiqué que le retour au travail aurait un impact négatif sur sa santé mentale.


Un rythme de travail durable est essentiel pour aider les parents qui travaillent à éviter l'épuisement professionnel et à faire la transition vers le retour au travail. Les entreprises doivent chercher des moyens de rétablir les limites entre vie professionnelle et vie privée et communiquer les assouplissements qui continueront d'être disponibles sur le lieu de travail.

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